Terrorisme d’État en plein Paris : le régime d’Alger désormais dans le viseur de la justice française pour des opérations clandestines d’une violence inouïe. – News


Le choc est d’autant plus violent qu’il touche l’un des points les plus sensibles de la relation franco-algérienne : la sécurité, la souveraineté et l’usage clandestin de la force sur le sol français. Contrairement à ce qui est parfois avancé, ce n’est pas le 7 avril 2026 mais le 3 avril 2026 qu’Olivier Christen, procureur national antiterroriste, a publiquement indiqué que huit procédures pour “terrorisme d’État” étaient en cours, visant notamment l’Iran, la Russie et l’Algérie.
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À partir de là, un seuil politique et symbolique a bien été franchi : pour la première fois avec une telle netteté, l’Algérie s’est retrouvée explicitement associée, dans l’espace judiciaire français, à des soupçons relevant non plus d’une simple affaire diplomatique embarrassante, mais d’opérations clandestines susceptibles d’être qualifiées dans le champ du terrorisme d’État. Même si une enquête n’est pas une condamnation, le vocabulaire employé, le niveau institutionnel de la prise de parole et la gravité du dossier ont suffi à faire basculer la crise dans une dimension inédite.
Au cœur de cette tempête se trouve l’affaire Amir Boukhors, plus connu sous le nom d’Amir DZ, opposant algérien réfugié en France et très suivi sur les réseaux sociaux. Selon les éléments judiciaires rapportés par la presse, il a été victime d’un enlèvement en avril 2024 en région parisienne, affaire qui a progressivement pris une ampleur considérable à mesure que les investigations remontaient la chaîne des responsabilités présumées.

Ce qui, au départ, pouvait apparaître comme un dossier criminel spectaculaire mais isolé est devenu un point de rupture entre Paris et Alger. Car les investigations menées en France ont conduit à la mise en cause de personnes liées à l’appareil diplomatique algérien. Le 8 avril 2025, un agent du consulat d’Algérie à Créteil a été arrêté puis mis en examen dans ce dossier, avant d’être placé en détention provisoire, déclenchant immédiatement une crise politique majeure entre les deux États.
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L’escalade ne s’est pas arrêtée là. En juillet 2025, puis publiquement en août 2025, la justice française a délivré un mandat d’arrêt international contre Salaheddine Selloum, ancien premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie à Paris, soupçonné d’avoir participé à l’opération visant Amir Boukhors. Les informations publiées par Le Monde décrivent un dossier si sensible qu’il rajoute encore “une poignée de sel sur la plaie” d’une relation bilatérale déjà profondément dégradée.
Le soupçon devient alors explosif : si un ancien diplomate bénéficiant d’une position officielle est recherché dans une affaire qualifiée dans le cadre du terrorisme, ce n’est plus seulement la question d’un dérapage individuel qui se pose, mais celle d’une possible instrumentalisation d’appareils d’État sous couverture diplomatique. C’est précisément ce glissement qui rend le dossier si redoutable pour Alger comme pour Paris. ‘
e de France, décision présentée comme une riposte à l’arrestation et à la détention du fonctionnaire consulaire algérien mis en cause en France. Paris a répliqué dès le lendemain en annonçant l’expulsion symétrique de douze agents diplomatiques et consulaires algériens et en rappelant son ambassadeur pour consultations.Depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, une telle séquence avait une portée historique. Elle matérialisait le passage d’un contentieux dur, mais encore contenu, à une logique de confrontation assumée. Le langage de la “responsabilité”, de la “fermeté” et de “l’escalade” a remplacé les prudences diplomatiques habituelles.
Cette crise ne surgit toutefois pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une dégradation beaucoup plus large des relations entre les deux pays. Parmi les facteurs majeurs de tension figure la position française sur le Sahara occidental, perçue à Alger comme un alignement sur le plan d’autonomie marocain, donc comme une inflexion stratégique favorable à Rabat et contraire aux équilibres que l’Algérie défend depuis des décennies. À cela s’ajoutent les contentieux migratoires, les désaccords répétés sur les expulsions et les laissez-passer consulaires, ainsi que plusieurs dossiers judiciaires ou humanitaires devenus hautement inflammables. L’écrivain Boualem Sansal, arrêté en novembre 2024, a été condamné le 27 mars 2025 à cinq ans de prison, affaire qui a fortement tendu les échanges entre les deux capitales. De son côté, le journaliste français Christophe Gleizes a été condamné en appel le 3 décembre 2025 à sept ans de prison et demeurait détenu en Algérie début 2026, nourrissant un sentiment croissant, en France, d’hostilité politique sous couvert judiciaire.
C’est dans ce climat déjà saturé que la mention explicite de l’Algérie dans des procédures relevant du “terrorisme d’État” a produit un effet de séisme. Jusqu’alors, les autorités françaises laissaient filtrer leur inquiétude avec une extrême retenue, ménageant encore la possibilité d’une désescalade. Mais à partir du moment où le chef du PNAT parle publiquement d’enquêtes en cours visant l’Algérie dans ce champ, le non-dit s’effondre.
Une ligne rouge a été franchie : la crise n’est plus seulement diplomatique, elle devient judiciaire, sécuritaire et potentiellement géopolitique. Entre les deux rives de la Méditerranée, le face-à-face change de nature. Il ne s’agit plus seulement de querelles mémorielles, de divergences stratégiques ou de brouilles consulaires, mais d’une accusation implicite d’ingérence clandestine sur le territoire français. Et si les enquêtes devront encore établir les responsabilités définitives, une chose est déjà acquise : la relation entre Paris et Alger est entrée dans une zone de turbulence d’une intensité rarement atteinte, où chaque dossier judiciaire est désormais capable de provoquer une onde de choc diplomatique majeure.