« Personne ne me croira… » : la France sous le choc après les révélations glaçantes de Flavie Flament concernant l’affaire impliquant Patrick Bruel… Le pays plongé dans l’effroi. – News

Affaire Patrick Bruel : l’avocate d’une plaignante réagit

-Et toujours tenir hors de portée -A.Casse: Bonsoir à tous. Bienvenue. C’est désormais Flavie Flament qui porte plainte contre le chanteur Patrick Bruel, visé par six plaintes. Il conteste les faits et est présumé innocent. Jade Dousselin, bonsoir. Vous défendez Daniela Elstner. Elle accuse Patrick Bruel de tentative de viol.

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C’était une des premières femmes à parler il y a deux mois. Etes-vous surprise de voir l’ampleur que cette affaire a pris? -J.Dousselin: Oui, bien sûr. Je m’occupe de beaucoup de dossiers et de ce type d’affaires. C’est la première fois qu’il y a autant de témoignages en si peu de temps. Nous sommes soulagées mais surprises.

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-A.Casse: Votre cliente a été entendue par la police judiciaire. A quoi a servi cet entretien? -J.Dousselin: C’était une étape obligatoire. Il fallait qu’elle soit entendue sur les faits et sur les éléments probatoires. Les faits étaient anciens. C’était un moment difficile. L’émotion était palpable chez elle.

C’était un moment essentiel qui a permis de poursuivre les investigations. -A.Casse: Les faits que Daniela Elstner a racontés remontent à Acapulco, en marge du Festival du  film français. “Patrick Bruel m’a poussée dans sa voiture. Je me suis retrouvée enfermée avec un homme qui m’embrasse de force, me déshabille et me touche la poitrine et le reste du corps.

” Il lui aurait dit: “Tu sais qui je suis? Tu es qui, toi? Personne ne te croira!” -J.Dousselin: Il y a eu une agression sexuelle et une tentative de viol. La première démarche de Daniela Elstner n’était pas de déposer plainte. Elle voulait une justice réparatrice. Il y a eu le geste, mais il y a eu aussi la négation du geste par monsieur Patrick Bruel, mais aussi par d’autres personnes.

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-A.Casse: Elle ne sait pas ensuite comment elle va passer de la voiture à la chambre de Patrick Bruel. Elle dit: “Si je n’étais pas sortie de la chambre, j’aurais été violée.” Elle est persuadée qu’elle a échappé à un viol. -J.Dousselin: C’est son récit. Sans l’intervention de certaines personnes, il est probable qu’elle aurait subi un viol.

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-A.Casse: Pourquoi veut-elle témoigner 30 ans plus tard? -J.Dousselin: Elle a dit: “Je n’ai pas mis 30 ans à parler, j’ai mis 30 minutes, mais on ne m’a pas crue.” A cette époque, on n’écoutait pas les femmes, et encore moins les stagiaires de 27 ans contre les superstars. En 2019, elle est venue me voir. Il y avait eu MeToo et l’affaire Weinstein.

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Elle voulait voir comment accueillir la parole. C’était pour elle la seule solution. Personne ne l’a entendue à l’époque. Elle a voulu prendre la parole pour elle évidemment, mais aussi pour sa fille. On n’aurait pas pu imaginer, il y a deux mois, que le dossier prendrait cette envergure. Aujourd’hui, elle est une voix qui porte, elle a emprunté un chemin et d’autres la suivent.

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-A.Casse: Elle est une femme puissante aujourd’hui. Quand elle en parle à ses collègues, on lui répond: “On est toutes passées par là.” On lui a même dit: “Tu as raté un bon coup!” -J.Dousselin: Il n’y a pas de volonté que la parole publique soit une substitution à la justice. Elle m’a dit très clairement qu’elle ne prendrait la parole qu’en portant plainte et en saisissant la justice.

Ce sont des faits pénaux et leur place est dans une arène judiciaire, mais la question de la prescription va se poser et la justice y répondra. Il y a encore des éléments qui vont arriver. Il était important, malgré ce sujet temporel, qu’elle puisse agir judiciairement. -A.Casse: Qu’est-ce qui fait que ce n’est pas parce que les faits ont eu lieu il y a 30 ans qu’il n’y aura pas d’investigation? -J.

Dousselin: La prescription peut être soulevée d’office, mais le parquet peut décider d’enquêter et d’arbitrer. Cela permet de confirmer ou non les faits et d’établir ce qu’on va appliquer à quelqu’un. Est-ce qu’on est face à une personnalité qui aurait pu agresser d’autres personnes? Cela semble être le cas. Cela permet d’avoir un récipiendaire légal et pas seulement public.

-A.Casse: J’en reviens à cette blessure originelle, ce qu’elle vit et le fait qu’elle n’ait pas d’écoute. A ce moment-là, Patrick Bruel est au sommet de sa gloire et il avait aussi une image de séducteur. -J.Dousselin: Oui, c’est exactement la problématique. On a parlé de profil. Je crois que c’est une notion extrêmement dangereuse.

Je défends aussi des hommes qu’on accuse et des femmes qui accusent. C’est dangereux pour tout le monde. Le profil peut accuser ou absoudre. Ce n’est qu’un profil de l’opinion publique. Si on considère qu’il y a un profil d’agresseur, ça veut dire qu’on considère qu’il y a aussi un profil de non agresseur. D’après moi, tout ça n’existe pas, il n’y a que des faits d’agression.

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C’est là-dessus que l’on doit juger. Sa réputation de séducteur et ses chansons ne doivent pas entrer en ligne de compte. Je trouve ça bien que l’accueil que l’on fasse à ces faits soit un accueil d’examen en respectant le droit qu’il a de se défendre. -A.Casse: Pourquoi parle-t-elle maintenant? Vous avez parlé de sa fille.

Elle en a parlé à sa fille? A sa famille? Ils ont tout découvert au moment des révélations? -J.Dousselin: Ca a été un long processus. Daniela a été  échaudée par ce qu’elle avait pu vivre. Comme beaucoup de femmes victimes, on a le sentiment qu’en en reparlant, on va revivre les choses et rouvrir une plaie qui en réalité n’a jamais été vraiment refermée.

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Elle s’est dit qu’aujourd’hui, les femmes ne devaient plus se taire quand elle en a parlé à sa fille. Elle s’est dit que si elle le disait à sa fille, elle devait parler elle-même. -A.Casse: En 2019, elle a en tête une justice réparatrice. Elle voulait surtout rencontrer Patrick Bruel. Cette rencontre aurait suffi? -J.

Dousselin: Je ne sais pas car elle n’a pas lieu. -A.Casse: Pourquoi? -J.Dousselin: La rencontre n’a pas eu lieu car le covid est arrivé après, donc ça a été plus un sujet calendaire qu’un refus du chanteur. Elle avait voulu qu’on reconnaisse qu’elle avait subi quelque chose qui n’était pas normal et, j’ai envie de dire, quelque chose d’illégal.

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Elle a eu le sentiment, par cet acte et par la négation de cet acte, qu’on ne reconnaissait pas le côté anormal de ce qu’elle avait vécu. Elle en avait besoin. C’est pour ça qu’elle trouve que la justice doit parler. Si la justice conclut que c’est un acte illégal mais prescrit, il n’en restera pas moins que l’acte sera reconnu comme illégal.

-A.Casse: Vous défendez autant les plaignantes que les accusés. Que pensez-vous du fait qu’il parte tout de même en tournée? -J.Dousselin: Le boycott est un choix personnel. Chacun prend la décision de ce qu’il veut faire. Je pense que la justice doit aller vite. Les innocents doivent pouvoir être rapidement reconnus comme tels et ceux qui ont commis des choses illégales doivent être arrêtés.

Je crois qu’on est sur quelque chose de différent. La présomption d’innocence doit être préservée. La victime n’a pas besoin d’un boycott, elle a besoin que la justice parle et condamne. -A.Casse: Il y a des points communs entre les témoignages? -J.Dousselin: Il y a déjà leur nombre et il y a un modus operandi.

Je ne suis avocate que de Daniela, mais on voit qu’il y a une notion d’enfermement et de pression, on voit qu’il y a souvent un ascendant de monsieur Bruel, par son aura et sa personnalité  publique, face à des femmes plus jeunes, des femmes méconnues qui sont en bas de l’échelle hiérarchique, des maquilleuses, des femmes dans la presse, des femmes avec qui il y a un ascendant.

Daniela, elle est aujourd’hui secrétaire générale d’Unifrance, mais à l’époque, elle étiquetait les bagages avant de prendre l’avion. Flavie Flament parle aujourd’hui de drogue. Je crois que c’est la première qui évoque ce sujet. On verra si d’autres témoignages vont dans ce sens. -A.

Casse: Son avocat dit: “Il ne s’est jamais jeté sur qui que ce soit.” Il réagit aux accusations

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