Algérie, BRICS et dollar : le virage financier qui secoue l’Occident – News

Un tournant économique qui fait parler
L’Algérie vient-elle d’ouvrir une nouvelle page de son histoire économique ? Depuis plusieurs jours, une analyse spectaculaire circule autour d’un sujet explosif : le rapprochement d’Alger avec la Nouvelle Banque de Développement des BRICS et la volonté affichée de réduire la dépendance au dollar dans les échanges internationaux. Pour certains observateurs, cette orientation représenterait bien plus qu’une simple décision financière. Elle serait le signe d’un changement profond, presque historique, dans la manière dont l’Algérie entend défendre sa souveraineté économique face aux anciennes puissances occidentales.
Dans un monde où les tensions géopolitiques, les sanctions économiques, les guerres commerciales et les batailles monétaires se multiplient, chaque décision prise par un pays producteur d’énergie devient immédiatement stratégique. L’Algérie, riche en gaz, située aux portes de l’Europe et dotée d’une position clé en Afrique du Nord, sait parfaitement que son rôle ne se limite plus à vendre des ressources. Elle peut aussi devenir un acteur central dans la construction d’un nouvel équilibre financier mondial.
Le sujet est d’autant plus sensible que le dollar reste, depuis des décennies, la monnaie dominante dans les échanges internationaux. De nombreuses matières premières, dont le pétrole et le gaz, sont encore largement négociées en dollars. Cette domination donne aux États-Unis un pouvoir considérable sur le système financier mondial. Or, dès qu’un pays cherche à contourner cette dépendance, les réactions deviennent immédiates, surtout lorsque ce pays possède une importance énergétique et géopolitique comme l’Algérie.

Le dollar au cœur de la bataille
Pour comprendre l’ampleur de cette affaire, il faut revenir à la place du dollar dans l’économie mondiale. Après la Seconde Guerre mondiale, le système financier international s’est organisé autour de la puissance américaine. Le dollar est progressivement devenu la monnaie de référence pour les échanges, les réserves internationales et les transactions énergétiques. Cette situation a offert aux États-Unis un avantage immense : celui de pouvoir exercer une influence directe ou indirecte sur de nombreux pays.
Mais aujourd’hui, ce système est de plus en plus contesté. Plusieurs États cherchent à diversifier leurs réserves, à commercer en monnaies locales ou à se rapprocher d’institutions alternatives aux structures dominées par l’Occident. C’est dans ce contexte que les BRICS gagnent en importance. Regroupant des puissances comme la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, ce bloc veut peser davantage face aux institutions traditionnelles comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
L’Algérie, en se rapprochant de cet environnement économique, envoie donc un message très clair : elle ne veut plus dépendre d’un seul centre de décision. Elle veut pouvoir financer ses projets, développer ses infrastructures, sécuriser ses échanges et protéger sa souveraineté sans être enfermée dans une logique imposée de l’extérieur.
La banque des BRICS, une alternative stratégique
La Nouvelle Banque de Développement des BRICS est présentée comme une alternative aux grandes institutions financières occidentales. Son objectif est de financer des projets d’infrastructure, d’énergie, de transport, d’agriculture ou de développement durable dans les pays membres ou partenaires. Contrairement au FMI, souvent critiqué pour ses conditions strictes, cette banque se veut plus adaptée aux besoins des pays émergents.
Pour l’Algérie, une telle institution pourrait représenter une opportunité majeure. Le pays possède de grands projets : développement agricole dans le Sud, exploitation minière, modernisation des infrastructures, routes transsahariennes, ports, gazoducs et partenariats industriels. Tous ces projets demandent des financements massifs. En s’ouvrant à la banque des BRICS, Alger pourrait diversifier ses sources de financement et réduire sa dépendance aux circuits financiers traditionnels.
Ce point est essentiel, car dans le monde actuel, la souveraineté ne se joue plus seulement sur les frontières ou les armées. Elle se joue aussi dans les banques, les devises, les plateformes de paiement, les accords commerciaux et les chaînes d’approvisionnement. Un pays qui dépend entièrement d’un système financier extérieur peut se retrouver vulnérable en cas de crise, de pression diplomatique ou de sanctions.

L’Algérie veut-elle sortir du piège de la dépendance ?
L’un des éléments les plus forts de cette analyse concerne la volonté algérienne de ne pas tomber dans le piège de l’endettement. Beaucoup de pays africains ont été fragilisés par des dettes lourdes, des programmes d’ajustement, des privatisations imposées et des politiques économiques dictées par des institutions étrangères. L’Algérie, elle, a souvent affiché une méfiance particulière envers ce type de dépendance.
Ce choix n’est pas nouveau. Alger a longtemps défendu une ligne de souveraineté économique, même lorsque les conditions étaient difficiles. Le pays a connu des crises, des baisses de revenus liées aux hydrocarbures, des tensions sociales et des défis budgétaires. Pourtant, l’idée de préserver une marge de décision nationale est restée centrale dans son discours politique.
Aujourd’hui, cette stratégie semble prendre une nouvelle dimension. En s’orientant vers les BRICS et en évoquant des transactions en monnaies locales, l’Algérie cherche à construire une forme de protection. L’objectif serait de ne pas dépendre uniquement du dollar, de SWIFT, des banques occidentales ou des règles décidées à Washington, Paris, Londres ou Bruxelles.
Le gaz algérien, une arme économique silencieuse
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L’autre élément majeur de cette bataille est évidemment le gaz. Depuis la crise énergétique en Europe, l’Algérie est redevenue un partenaire indispensable pour plusieurs pays européens. Son gaz intéresse l’Italie, l’Espagne, la France et d’autres acteurs du continent. Dans un contexte où l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements, Alger possède une carte puissante.
Mais cette carte énergétique peut aussi devenir une carte monétaire. Si demain une partie des échanges énergétiques se faisait en monnaies locales, en yuan, en rouble, en dinar ou dans d’autres devises, cela représenterait une remise en cause directe de la domination du dollar. Même si un tel changement ne se produit pas du jour au lendemain, le simple fait d’ouvrir cette possibilité suffit à provoquer des inquiétudes.
L’Algérie ne cherche pas seulement à vendre son gaz. Elle cherche à transformer ses ressources en levier diplomatique, financier et stratégique. Cela signifie que chaque contrat, chaque partenariat et chaque investissement peut désormais être utilisé pour renforcer son autonomie.
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Pourquoi l’Europe observe Alger avec inquiétude
L’Europe ne peut pas ignorer ce mouvement. Pour Paris en particulier, l’Algérie reste un pays hautement sensible, à la fois pour des raisons historiques, économiques, migratoires, énergétiques et diplomatiques. Voir Alger se rapprocher d’un bloc alternatif comme les BRICS peut être perçu comme un recul de l’influence occidentale en Afrique du Nord.
Pendant longtemps, une partie des élites européennes a considéré l’Afrique comme un espace économique naturel pour leurs banques, leurs entreprises et leurs intérêts stratégiques. Mais cette époque change rapidement. La Chine investit massivement, la Russie renforce sa présence, la Turquie avance ses pions, les pays du Golfe investissent, et les États africains cherchent à négocier avec plusieurs partenaires en même temps.
Dans ce nouveau jeu, l’Algérie veut apparaître comme un acteur indépendant. Elle ne veut pas être enfermée dans un seul camp. Elle veut vendre à l’Europe, discuter avec la Chine, coopérer avec la Russie, développer l’Afrique et préserver son autonomie. Ce positionnement est complexe, mais il peut être extrêmement rentable si Alger parvient à maintenir l’équilibre.
Une guerre économique plus discrète, mais plus violente
On parle souvent de guerres militaires, de conflits armés ou de tensions diplomatiques. Pourtant, les guerres économiques sont parfois plus silencieuses et plus durables. Elles se mènent à travers les sanctions, les taux d’intérêt, les dettes, les monnaies, les agences de notation, les banques, les médias et les infrastructures de paiement.
Dans ce contexte, la décision algérienne de se rapprocher d’un système financier alternatif prend une signification particulière. Elle signifie que le pays veut se préparer à un monde plus instable. Un monde où un compte peut être gelé, une transaction bloquée, une banque sanctionnée ou une monnaie utilisée comme moyen de pression.
Pour un pays comme l’Algérie, qui possède des ressources naturelles importantes et une position géographique stratégique, cette prudence peut être vue comme une forme de défense économique. Il ne s’agit pas seulement d’idéologie. Il s’agit de sécurité nationale.
L’Afrique face à un nouveau modèle
Si l’Algérie réussit son virage, d’autres pays africains pourraient être tentés de suivre. Beaucoup d’États du continent cherchent à sortir de la dépendance à la dette, aux anciennes puissances coloniales et aux institutions financières traditionnelles. Le modèle des BRICS attire parce qu’il promet davantage de flexibilité, de respect de la souveraineté et de financement pour les grands projets.
Cependant, ce modèle comporte aussi des risques. Se rapprocher des BRICS ne signifie pas automatiquement devenir plus riche ou plus libre. Il faut une stratégie claire, une bonne gestion, des projets solides, une lutte réelle contre la corruption et une capacité à négocier avec force. Sans cela, une dépendance peut simplement être remplacée par une autre.
L’Algérie devra donc prouver que ce virage sert réellement son développement interne. Les citoyens attendent des résultats concrets : emplois, infrastructures, agriculture, industrie, pouvoir d’achat, stabilité et perspectives pour la jeunesse. La souveraineté financière n’a de sens que si elle améliore la vie quotidienne.
Un message politique puissant
Au-delà de l’économie, cette affaire porte un message politique fort. L’Algérie veut affirmer qu’elle n’est pas un pays secondaire. Elle veut montrer qu’elle peut choisir ses partenaires, défendre ses intérêts et refuser les pressions. Ce discours parle fortement à une partie de l’opinion publique algérienne, mais aussi à de nombreux peuples africains et arabes qui voient dans cette démarche une forme de revanche historique.
Le récit est puissant : un pays anciennement colonisé qui refuse de rester dépendant des banques, des devises et des institutions de l’ancien monde dominant. Ce récit touche les émotions, la mémoire, la fierté nationale et le désir d’indépendance réelle.
C’est précisément pour cela que le sujet devient viral. Il ne parle pas seulement d’économie. Il parle de dignité, de souveraineté, d’histoire, d’humiliation et de revanche. Sur les réseaux sociaux, ce type de thème provoque des réactions fortes, car il réunit politique, patriotisme, argent, pouvoir et peur du changement mondial.
Jusqu’où ira Alger ?
La grande question est désormais simple : jusqu’où l’Algérie ira-t-elle dans ce virage ? S’agit-il d’un rapprochement mesuré avec les BRICS ou du début d’une transformation profonde de sa politique financière ? Alger cherchera-t-elle à multiplier les transactions en monnaies locales ? Va-t-elle renforcer ses partenariats avec la Chine et la Russie ? Va-t-elle utiliser ses revenus gaziers pour financer une nouvelle stratégie industrielle et africaine ?
Ces questions restent ouvertes. Mais une chose est certaine : le monde change. Le dollar reste puissant, mais il n’est plus intouchable dans les discours. Les institutions occidentales restent influentes, mais elles sont de plus en plus contestées. Les pays émergents veulent une place plus grande, et l’Algérie semble vouloir faire partie de ceux qui ne regardent plus le changement depuis les tribunes.
Conclusion : un séisme financier ou un pari risqué ?
Le rapprochement de l’Algérie avec les BRICS et la remise en question de la dépendance au dollar représentent un tournant majeur dans le débat économique actuel. Pour ses partisans, Alger est en train de prendre une décision courageuse, capable de renforcer sa souveraineté et d’ouvrir la voie à une nouvelle indépendance financière. Pour ses critiques, ce choix reste risqué, car il pourrait provoquer des tensions avec l’Occident et placer le pays dans une bataille économique complexe.
Mais dans tous les cas, le signal envoyé est puissant. L’Algérie ne veut plus subir les règles du jeu. Elle veut participer à leur réécriture. Et si ce pari réussit, il pourrait inspirer d’autres pays africains à revoir leur rapport au dollar, à la dette et aux institutions financières mondiales.
Reste maintenant à savoir si l’Occident acceptera cette montée en puissance sans réagir, ou si cette décision ouvrira une nouvelle phase de tensions économiques autour de l’Afrique, du gaz et de la souveraineté monétaire. Une chose est sûre : l’Algérie vient de placer son nom au cœur d’un débat mondial qui ne fait que commencer.
Une cérémonie lourde d’émotion pour une figure majeure de la vie française
La France a vécu un moment d’une intensité rare lors des obsèques de Bernadette Chirac, ancienne Première dame et figure incontournable de la mémoire politique française. Dans la basilique Sainte-Clotilde, à Paris, sa famille, ses proches et de nombreuses personnalités se sont réunis pour lui rendre un dernier hommage. Mais au-delà du protocole, des noms prestigieux et de la solennité du lieu, c’est surtout l’émotion de Claude Chirac qui a profondément marqué les esprits.
La fille de Jacques et Bernadette Chirac est apparue bouleversée, digne mais visiblement submergée par le poids de ce dernier adieu. À ses côtés, son époux Frédéric Salat-Baroux et son fils Martin Rey-Chirac l’ont accompagnée dans cette épreuve intime devenue, en quelques heures, un moment national. Car la disparition de Bernadette Chirac ne touche pas seulement une famille. Elle ravive aussi tout un pan de l’histoire contemporaine française.
Dans l’assistance, le silence parlait presque plus fort que les mots. Chaque regard, chaque geste, chaque mouvement semblait rappeler la place singulière qu’occupait Bernadette Chirac dans l’imaginaire collectif. Femme de caractère, ancienne Première dame, élue locale en Corrèze, présidente engagée dans des actions caritatives, elle laisse derrière elle une image complexe, faite de rigueur, d’élégance, d’influence et de fidélité à ses terres.

Claude Chirac, visage bouleversant d’un deuil familial
Au cœur de cette cérémonie, Claude Chirac a incarné la douleur d’une fille confrontée à la perte de sa mère. Depuis des années, elle était devenue l’une des gardiennes les plus visibles de la mémoire familiale. Après la disparition de son père Jacques Chirac, puis celle de sa sœur Laurence, cette nouvelle épreuve a pris une dimension particulièrement poignante.
Son émotion n’a échappé à personne. Dans la basilique, alors que les proches se recueillaient, Claude Chirac portait sur son visage toute la gravité du moment. Il ne s’agissait pas seulement d’un adieu public à une ancienne Première dame. Il s’agissait aussi d’un dernier face-à-face entre une fille et sa mère, dans un lieu chargé d’histoire, de souvenirs et de blessures anciennes.
Cette image de Claude Chirac en larmes a immédiatement touché les Français. Elle rappelle que derrière les grandes familles politiques, les fonctions officielles et les titres prestigieux, il y a des drames personnels, des silences, des absences et des douleurs que le temps n’efface jamais totalement.
La basilique Sainte-Clotilde, un lieu chargé de symboles
Le choix de la basilique Sainte-Clotilde n’avait rien d’anodin. Ce lieu parisien, situé dans le 7e arrondissement, occupe une place très particulière dans l’histoire de la famille Chirac. C’est dans cette même basilique que Bernadette Chodron de Courcel avait épousé Jacques Chirac le 16 mars 1956. Ce mariage avait marqué le début d’une union qui allait traverser les décennies, les campagnes électorales, les victoires, les crises et les années de pouvoir.
Mais Sainte-Clotilde porte aussi une mémoire plus douloureuse. C’est également dans cette basilique que la famille avait rendu hommage à Laurence Chirac, fille aînée de Jacques et Bernadette, décédée en 2016. Revenir dans ce lieu pour les obsèques de Bernadette Chirac, c’était donc rouvrir une page très intime de l’histoire familiale. Pour Claude Chirac, ce retour avait une portée émotionnelle immense.
Chaque pierre de la basilique semblait faire résonner les souvenirs du couple Chirac, mais aussi les blessures d’une famille souvent exposée à la lumière publique tout en protégeant jalousement ses drames les plus personnels. Cette dimension symbolique a renforcé l’émotion de la cérémonie. Le lieu ne servait pas simplement de décor religieux. Il était presque un personnage à part entière de cet adieu.

Une assistance prestigieuse et silencieuse
Autour de la famille, de nombreuses personnalités politiques et publiques avaient fait le déplacement. Brigitte Macron, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, Édouard Philippe, Michel Barnier, Gérard Larcher et d’autres figures majeures de la vie publique française étaient présents pour saluer la mémoire de Bernadette Chirac.
Leur présence témoigne du statut particulier de l’ancienne Première dame. Bernadette Chirac n’a jamais été une simple silhouette aux côtés de Jacques Chirac. Elle a longtemps occupé une place réelle dans la vie politique, mondaine et caritative du pays. Son caractère affirmé, son franc-parler et sa fidélité à la Corrèze lui ont donné une image à part, parfois admirée, parfois commentée, mais toujours reconnaissable.
Line Renaud, très proche de Bernadette Chirac et de Claude, était également présente. Sa venue a ajouté une note d’émotion supplémentaire à la cérémonie. Dans ces moments de deuil, la présence des amis fidèles prend une valeur particulière. Elle rappelle que la vie publique est aussi faite de liens personnels, de loyautés anciennes et de souvenirs partagés.
Martin Rey-Chirac, le petit-fils au centre de l’hommage
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Un autre moment fort de la cérémonie a été la présence de Martin Rey-Chirac, petit-fils de Bernadette Chirac. Selon les informations rapportées autour de l’événement, il devait être le seul à prendre la parole lors de la cérémonie. Ce choix a donné à son rôle une dimension très forte.
Martin représente la génération qui hérite de cette mémoire familiale immense. Il porte à la fois le nom, le souvenir et l’intimité d’une famille qui a marqué la Ve République. Son intervention, dans un tel contexte, ne pouvait qu’ajouter à l’émotion générale. Face à l’assistance réunie, ses mots ont probablement résonné comme ceux d’un petit-fils mais aussi comme ceux d’un témoin d’une histoire familiale hors du commun.
Dans les familles célèbres, les héritiers vivent souvent avec un poids invisible. Ils portent le souvenir des disparus, mais aussi l’image publique que la société continue de projeter sur eux. Pour Martin Rey-Chirac, cet hommage à sa grand-mère a donc pris une signification particulière. Il ne s’agissait pas seulement de parler d’une ancienne Première dame, mais d’évoquer une grand-mère, une présence, une femme connue du pays mais aimée dans l’intimité.
Bernadette Chirac, une Première dame pas comme les autres
Bernadette Chirac a longtemps été perçue comme une femme de devoir. Issue d’un milieu traditionnel, mariée à l’un des hommes politiques les plus importants de la France contemporaine, elle a occupé le rôle de Première dame avec une rigueur très personnelle. Pourtant, elle n’a jamais été seulement “l’épouse de”. Elle a construit sa propre image, notamment à travers son engagement en Corrèze et son action auprès de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.
Son nom reste associé à l’opération Pièces Jaunes, campagne caritative devenue très populaire en France. À travers cette initiative, elle a su toucher des millions de Français, en particulier autour de la cause des enfants hospitalisés. Cette dimension caritative a contribué à renforcer son image auprès du grand public.
Mais Bernadette Chirac, c’était aussi une personnalité tranchante. Son franc-parler, son sens politique et son regard parfois sévère sur les événements ont fait d’elle une figure à part. Elle pouvait impressionner, surprendre, irriter ou émouvoir. C’est précisément cette complexité qui explique la force de l’hommage qui lui a été rendu.

La Corrèze, autre cœur de son histoire
Après la cérémonie parisienne, un hommage devait également être rendu en Corrèze, territoire profondément lié à la famille Chirac. Pour Bernadette Chirac, la Corrèze n’était pas seulement un symbole politique. C’était une terre d’ancrage, un lieu de fidélité, un espace où elle avait tissé des liens durables avec les habitants.
Elle y a exercé un mandat local pendant de nombreuses années, construisant une relation directe avec le territoire. Cette proximité avec les Corréziens a nourri une partie importante de son identité publique. Là où certains ne voyaient en elle qu’une figure parisienne, elle revendiquait aussi une dimension locale, enracinée, presque familiale.
Cet hommage corrézien prolonge donc naturellement la cérémonie de Paris. Il rappelle que Bernadette Chirac appartenait à la fois à l’histoire nationale et à une mémoire locale très forte. Pour beaucoup d’habitants de Corrèze, elle restera associée à une époque, à une fidélité et à une certaine idée de la vie publique.
Un adieu qui dépasse la famille Chirac
Ce qui a bouleversé les Français dans ces obsèques, c’est que l’émotion dépassait largement le cadre familial. En voyant Claude Chirac affronter ce dernier adieu, beaucoup ont eu le sentiment d’assister à la fermeture d’un chapitre entier de l’histoire française.
Avec Bernadette Chirac disparaît une figure d’un autre temps politique. Une époque où les familles présidentielles étaient observées avec fascination, où la vie privée restait en partie protégée, où les Premières dames occupaient une place à la fois officieuse et centrale. Sa disparition réactive le souvenir de Jacques Chirac, de ses années à l’Élysée, de son rapport aux Français et de cette France politique des années 1990 et 2000.
Pour les plus jeunes, Bernadette Chirac peut apparaître comme une figure historique. Pour les générations plus âgées, elle reste un visage familier, associé aux journaux télévisés, aux campagnes des Pièces Jaunes, aux visites officielles et aux images d’un couple présidentiel devenu presque patrimonial.
Une image restera : celle d’une fille face à sa mère
Au final, malgré les personnalités présentes, malgré le poids politique de l’événement et malgré la solennité du lieu, une image restera dans les mémoires : celle de Claude Chirac, profondément émue, disant adieu à sa mère.
Cette scène a touché parce qu’elle était simple, humaine et universelle. La douleur d’une fille ne dépend ni du nom qu’elle porte, ni de la fonction de ses parents, ni du rang social de sa famille. Elle parle à chacun. Elle rappelle la fragilité des liens, le passage du temps et la violence silencieuse des derniers adieux.
Dans la basilique Sainte-Clotilde, ce vendredi, la France n’a pas seulement salué Bernadette Chirac. Elle a vu une famille refermer une page immense de son histoire. Une page faite d’amour, de pouvoir, de drames, de fidélité et de souvenirs. Et c’est peut-être pour cela que l’émotion a été si forte : parce que derrière le nom Chirac, il y avait ce jour-là une vérité simple et bouleversante, celle d’une fille qui perd sa mère.
Conclusion : le dernier silence d’une grande dame
Les obsèques de Bernadette Chirac ont réuni la famille, les amis, les personnalités politiques et les témoins d’une époque. Mais au cœur de cette cérémonie, c’est l’émotion intime qui a dominé. Claude Chirac, Martin Rey-Chirac et les proches de l’ancienne Première dame ont porté ce moment avec dignité, dans un lieu chargé de symboles.
La basilique Sainte-Clotilde, déjà liée aux grandes joies et aux grandes douleurs de la famille, a accueilli un dernier hommage empreint de gravité. La présence de nombreuses figures publiques a confirmé l’importance de Bernadette Chirac dans l’histoire française. Pourtant, ce sont les larmes, les silences et les regards qui ont le plus marqué.
Bernadette Chirac s’en va en laissant derrière elle une empreinte profonde. Femme de pouvoir discret, de convictions, de fidélité et de caractère, elle restera associée à une période majeure de la vie politique française. Son dernier adieu, porté par l’émotion de Claude Chirac, restera comme l’un de ces moments où l’histoire nationale rejoint soudain la douleur la plus intime.