🇩🇿🇹🇷 ALGÉRIE-TURQUIE : LE TOURNANT GÉOPOLITIQUE DE 2026 ! – News

🇩🇿🇹🇷 ALGÉRIE-TURQUIE : LE TOURNANT GÉOPOLITIQUE DE 2026 !

Avant de parler géopolitique, regardez bien ce geste. [chant] Le 2 mai 2026, 4 jours avant une visite officielle cruciale, un diplomate turc fait quelque chose d’inhabituel. Très inhabituel. L’ambassadeur de Turquie en Algérie, Mukait Kutukilmaz, ne se rend pas à Alger. Il ne rencontre pas un ministre, il ne donne pas de conférence.

Il va dans un petit village oublié, Busemgun, dans la Wilaya d’El Bayad. Un détail, pas vraiment. C’est le village natal du président algérien Abdel Majid Teboun. Et là-bas, dans une mosquée locale invitée par l’imam, il récite lui-même l’appel à la prière Elade. Un geste rare, très rare pour un diplomate étranger.

 L’information est publiĂ©e le jour mĂŞme par une agence turque. Alors, certains diront anecdote, mais en diplomatie, il y a pas d’anecdote. Chaque geste est un signal. Chaque symbole est un message et celui-ci est clair. La Turquie ne parle pas seulement Ă  l’État algĂ©rien. Elle parle Ă  son identitĂ©, Ă  ses racines, Ă  son imaginaire.

 4 jours plus tard, le 6 mai, Abdel Majid Teboun atterri Ă  Ankara, invitĂ© par Recep Tai Perdoan pour une visite officielle de 3 jours. Et lĂ , on change d’échelle. Pour la première fois, les deux pays lancent un conseil de coopĂ©ration stratĂ©gique de haut niveau, un format inĂ©dit, des ministres, des accords, des dossiers rĂ©gionaux sensibles.

 Mais la vraie question, ce n’est pas ce qu’ils ont signĂ©. La vraie question, c’est qu’est-ce que Teboun est allĂ© chercher concrètement ? Et surtout, qu’est-ce que ça dit de la stratĂ©gie de l’AlgĂ©rie en 2026 ? On dĂ©crypte. La relation entre Alger et Ankara n’est pas nouvelle mais elle a changĂ© d’échelle. Lors d’une visite de Tebouna en Turquie en mai 2022, les deux pays ont tenu la première rĂ©union de leur conseil de coopĂ©ration de haut niveau.

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Tebboune et Erdogan affichent un partenariat stratégique renforcé entre  Alger et Ankara - 24H Algérie - Infos - vidéos - opinions.

RĂ©sultat : 15 accords et une dĂ©claration commune dans des domaines aussi variĂ©s que l’énergie, les mines, l’éducation et la sĂ©curitĂ©. Chiffre officiel du ministère turc des affaires Ă©trangères. Quelques semaines avant ce sommet, prĂ©cisĂ©ment le 6 mars 2026, les deux pays ont tenu Ă  Istanbul la 3e session des consultations  politiques algoturqu au cĹ“ur des discussions, selon le communiquĂ© officiel du ministère algĂ©rien des affaires Ă©trangères, les questions rĂ©gionales et internationales d’intĂ©rĂŞt commun, en particulier les

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développements au Moyen-Orient, la Palestine, le Sahara occidental et le Sahel. Les deux parties ont également passé en revue le calendrier des prochaines échéances bilatérales. Autrement dit, ce sommet de mai 2026 n’est pas un point de départ. C’est l’aboutissement d’une montée en gamme méthodique.

 L’AlgĂ©rie ne cherche pas un alliĂ© de substitution. Elle construit un rĂ©seau de partenariat souverain oĂą elle traite d’égal Ă  Ă©gal. La Turquie en est un maillon clĂ©. Alors concrètement, Teboun est allĂ© chercher quoi Ă  Ankara ? Commençons par le sujet le plus sensible, la dĂ©fense. L’AlgĂ©rie a dĂ©jĂ  acquis des drones turcs.

 Selon plusieurs sources, elle a commandĂ© 10 drones en KS et six drones Axungur auprès de Turkish Aerospace Industries, devenant le premier client export de l’Axungur en Afrique du Nord. Des discussions sont Ă©galement en cours pour le cĂ©lèbre Bayerctar TB 2 de Baikar. Mais le vrai sujet n’est pas l’achat, c’est le transfert de technologie.

 Teboun l’a martelĂ© dans son entretien du 3 mai. L’AlgĂ©rie ne veut plus importer passivement. Elle veut intĂ©grer, transformer, monter en compĂ©t. Pourquoi la Turquie peut rĂ©pondre Ă  cette demande ? Parce que son modèle est unique, fournisseur de technologies avancĂ©es sans conditionnalitĂ©  politique. Membre de l’OTAN, oui, mais diplomate du sud.

C’est exactement ce que recherche Alger, se moderniser sans se faire dicter politique étrangère. Un point de vigilance. Cependant, la Turquie est aussi un partenaire de défense du Maroc. Mais l’Algérie ne demande pas à Ankara de choisir. Elle négocie ses intérêts. Point. Et sur ce plan, Ankara offre une chose que peu d’autres fournisseurs peuvent offrir, des équipements performants sans les leçons de moral.

Mais réduire cette visite à un catalogue d’armement serait une erreur. Le deuxième volet est encore plus structurant pour le quotidien des Algériens. L’Algérie est un fournisseur énergétique de premier plan pour la Turquie, deuxè exportateur de GNL et premier fournisseur de GPL du pays. L’accord gazier entre les deux pays a été prolongé jusqu’en 2027.

 Pourquoi c’est stratĂ©gique ? Parce que Erdogan veut faire de la Turquie un hub Ă©nergĂ©tique mondial. Pour cela, il a besoin de gaz. Et l’AlgĂ©rie, elle veut sĂ©curiser des dĂ©bouchĂ©s Ă  long terme sans dĂ©pendre uniquement du marchĂ© europĂ©en. Lors du sommet d’Ankara, Erdogan a explicitement invitĂ© Teboun Ă  renforcer la coopĂ©ration dans le gaz naturel et les Ă©nergies renouvelables.

Ce n’est pas une relation de dépendance, c’est une interdépendance assumée. Mais là où ce déplacement prend toute son ampleur, c’est quand on parle d’industrie lourde. Le troisème pilier est le plus concret de tous. 10 jours avant le sommet d’Ankara, le 27 avril 2026, le géant turc de la sidérurgie Toiali a annoncé un investissement de 2,5 milliards de dollars dans un nouveau complexe à Betwa, près d’Ourent.

L’information est publiée par l’agence Ecofin qui cite le président du directoire du groupe Fuatosiali lors du salon tube W of de Dusseldorf. Les détails sont précis. Sur une capacité totale de 3 millions de tonnes d’acier par an, 700000 tonnes seront dédiées à l’acier automobile de qualité. Les premières livraisons sont prévues pour le 3e trimestre 2026.

 Tossiali s’approvisionnera en minerai de fer directement auprès du gisement de Garage Bilet en partenariat avec la sociĂ©tĂ© nationale Sonarem. C’est la jonction parfaite entre le projet minier du sud et l’industrie automobile que le gouvernement veut implanter au nord et Ă  l’échelle macro de la relation. 1400 entreprises turques sont prĂ©sentes en AlgĂ©rie.

 Le commerce bilatĂ©ral a atteint 6,3 milliards de dollars fin 2024 en hausse de 8 %. L’objectif fixĂ© conjointement par les deux prĂ©sidents est d’atteindre 10 milliards de dollars le plus vite possible avec la perspective de lancer un accord commercial prĂ©fĂ©rentiel. La Turquie est devenue le premier investisseur Ă©tranger en AlgĂ©rie hors hydrocarbure.

 Traduction concrète des usines, des emplois, de la transformation locale. Exactement. La logique que Teboun dĂ©fend depuis des annĂ©es reste un dernier dossier, celui qui relie Ankara Ă  AG bien au-delĂ  des contrats. Le communiquĂ© officiel du sommet est clair. Les discussions portent sur les relations bilatĂ©rales et les dĂ©veloppements rĂ©gionaux.

 Trois zones Ă©mergent. La Libye. La Turquie est un acteur majeur. Le 27 novembre 2019, Erdogan a signĂ© avec le gouvernement de Fayez El Sarage un accord de coopĂ©ration militaire et sĂ©curitaire. Cet accord a ouvert la voie au dĂ©ploiement de drones, de systèmes de dĂ©fense aĂ©rienne et de conseillers turcs sur le sol liben.

 Pour l’AlgĂ©rie qui partage une longue frontière avec la Libye, la stabilitĂ© de ce pays est vitale. La MĂ©diterranĂ©e orientale, la Turquie est en confrontation avec la Grèce et Chypre sur les droits gaziers. L’AlgĂ©rie, en tant que fournisseur Ă©nergĂ©tique fiable de l’Europe, observe ses tensions de prĂŞt. Le Sahel. Les consultations  politiques de mars 2026 ont confirmĂ© que le Sahel est au cĹ“ur du dialogue entre les deux capitales.

 La Turquie y Ă©tend sa prĂ©sence. L’AlgĂ©rie dĂ©fend sa doctrine de non ingĂ©rence. Les approches diffèrent mais ce sommet est le cadre idĂ©al pour harmoniser les positions. Et sur les dossiers classiques Palestine Sahara occidental, les positions convergent sans difficultĂ©. Alors qu’est-ce que Teboun est allĂ© chercher en Turquie ? Pas un simple partenariat, un levier.

 Un levier militaire d’abord avec de la technologie de dĂ©fense sans tutelle  politique. Un levier Ă©conomique avec des dĂ©bouchĂ©s gaziers sĂ©curisĂ©s, pensĂ©s dans une logique d’interdĂ©pendance, pas de dĂ©pendance. Un levier industriel avec des investissements massifs pour transformer l’acier, crĂ©er de l’emploi et poser les bases d’une vĂ©ritable industrie automobile.

 Et enfin, un levier gĂ©opolitique pour coordonner les positions sur les crises qui encerclent l’AlgĂ©rie. Le tout avec une ligne rouge claire. Pas de dette extĂ©rieure, pas de conditionnalitĂ©, pas d’alignement forcĂ©. Alors non, ce sommet d’Ankara ne va pas transformer l’AlgĂ©rie du jour au lendemain.

 Les usines devront sortir de terre, les accords devront survivre Ă  la rĂ©alitĂ© et les promesses devront ĂŞtre tenues. Mais une chose est certaine, la trajectoire, elle est dĂ©sormais visible. Et dans un monde oĂą les rapports de force se redessinent, choisir sa trajectoire, c’est dĂ©jĂ  reprendre le contrĂ´le. C’est ça qu’il faudra observer dans les mois qui viennent.

 On se retrouve très bientĂ´t pour la suite. D’ici lĂ , continuez Ă  dĂ©crypter, comprendre et ne pas subir. DZ signal. M.

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