Scandale Boualem Sansal : De la cellule d’Alger aux salons de l’extrême droite française, découvrez la face cachée de l’écrivain. – News


L’affaire Boualem Sansal ne cesse de secouer les sphères intellectuelles et politiques de part et d’autre de la Méditerranée. Longtemps considéré en France comme le symbole de la résistance face à l’autoritarisme algérien, l’écrivain voit aujourd’hui son aura de “conscience libre” sérieusement ternie par une série de révélations et de prises de position contradictoires.
Tout commence en octobre 2024, lorsque Sansal, fraîchement naturalisé Français en juin de la même année, accorde un entretien au média Frontière. Il y tient des propos incendiaires, affirmant qu’une grande partie de l’ouest algérien, incluant Oran et Tlemcen, appartenait historiquement au Maroc avant la colonisation française.
Pour l’Algérie, ce n’est pas une simple opinion historique, mais une atteinte grave à l’intégrité territoriale, un délit puni par l’article 87 bis du code pénal. Arrêté en novembre 2024 et condamné à 5 ans de prison, Sansal devient immédiatement une cause célèbre en France.

Pourtant, le récit médiatique français de l’homme “brisé par la dictature” se heurte à la réalité des faits. À sa sortie de prison, Sansal lui-même contredit les rumeurs sur son état de santé alarmant, affirmant avoir été traité de manière “remarquable” pour son cancer de la prostate par des médecins algériens. Ce décalage entre la victimisation orchestrée et les propos de l’intéressé s’accompagne d’un virage idéologique brutal.
Le point de rupture le plus flagrant survient en mars 2026. Alors que le monde de l’édition s’est mobilisé pour sa libération, Sansal quitte Gallimard, sa maison d’édition depuis 27 ans, pour rejoindre Grasset, intégrée au groupe de Vincent Bolloré. Ce choix n’est pas seulement éditorial, il est hautement politique.
Il s’affiche désormais aux côtés de figures comme Philippe de Villiers et soutient la loi Yadane en France. Cette proposition de loi, dénoncée par l’ONU pour ses risques d’atteinte à la liberté d’expression, crée un délit de “provocation implicite” et vise à museler certaines critiques politiques.
Comment un homme qui se dit persécuté pour ses idées peut-il soutenir un texte restreignant la liberté d’expression dans sa nouvelle patrie ? Pour beaucoup d’observateurs, la réponse est amère : la liberté d’expression serait, pour Sansal, une arme de combat contre l’Algérie plutôt qu’un principe universel.
En devenant la caution intellectuelle d’un camp politique identitaire, l’écrivain semble avoir troqué son statut de romancier contre celui de soldat idéologique, laissant derrière lui une traînée de polémiques et un monde de l’édition profondément fracturé.