Maghreb en sursis : Le duel Tebboune-Mohammed VI plonge la région dans une guerre froide aux conséquences mondiales – News

Le Maghreb est-il à l’aube d’une dérive incontrôlable ? En ce mois d’avril 2026, la rivalité historique entre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le roi marocain Mohammed VI a muté en une guerre froide implacable, paralysant toute tentative d’intégration régionale.

Depuis la rupture officielle des relations diplomatiques en 2021, le fossé n’a cessé de se creuser, transformant le Sahara occidental en un épicentre de tensions géopolitiques mondiales. Malgré les discours d’ouverture répétés du souverain chérifien appelant à un “dialogue sincère”, Alger oppose une fin de non-recevoir catégorique, conditionnant tout dégel à un retrait marocain sur le dossier saharien, qu’elle qualifie de combat anticolonial majeur.

Cette confrontation ne se limite plus aux joutes verbales. Sur le terrain, une course aux armements discrète mais massive redessine les rapports de force. Alger, s’appuyant sur ses partenariats historiques avec la Russie et de nouveaux liens avec l’Iran, modernise son arsenal avec des systèmes de défense antiaérienne et des drones sophistiqués. En miroir, Rabat consolide son alliance stratégique avec les États-Unis et Israël, tout en étendant son influence économique vers l’Afrique subsaharienne via l’initiative atlantique.

Cette polarisation des alliances internationales au sein même du Maghreb crée une zone de vulnérabilité où le moindre incident frontalier ou une simple cyber-opération pourrait servir d’étincelle à un conflit ouvert, menaçant directement la sécurité énergétique de l’Europe et la stabilité d’un Sahel déjà meurtri.

Le coût de cet immobilisme est exorbitant pour les populations des deux pays. L’Union du Maghreb Arabe (UMA) est devenue une coquille vide, les projets de gazoducs communs sont enterrés et le commerce intramaghrébin est réduit à néant.

Au lieu de coopérer face aux défis communs que sont le changement climatique, le terrorisme transfrontalier et les flux migratoires, les deux capitales se livrent à une guerre d’influence acharnée. Alger accuse Rabat de soutenir des mouvements séparatistes en Kabylie, tandis que le Maroc dénonce le soutien algérien au Polisario comme une atteinte directe à sa souveraineté territoriale.

Tebboune veut-il lancer une nouvelle version du Maghreb Arabe excluant le  Maroc ?

Alors que des médiations secrètes tentées par Washington ou Madrid peinent à aboutir, l’impasse semble totale. L’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui désigne désormais explicitement l’Algérie comme partie prenante au conflit, a encore durci les positions.

Le régime de Tebboune utilise cette fermeté pour consolider son leadership nationaliste, tandis que la monarchie marocaine s’appuie sur ses succès diplomatiques internationaux pour affirmer sa position. Dans ce Maghreb prisonnier de son passé, l’avenir semble s’écrire sous le signe d’une tension latente qui, faute d’un compromis historique, risque de sacrifier le développement de toute une génération sur l’autel de rivalités ancestrales.

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